Voyage en science-fiction

CRITIQUES LIVRES

Comme je n’apprécie que modérément les auteurs qui écrivent les critiques de leurs ouvrages, pour ce billet, je cède volontiers ma place à Lionel Thomassin du journal l’Affranchi où, dans les colonnes de son quotidien (édition du 5 mai 2017), il a écrit ce qui suit .

FM

SF : François Membre nous guide dans des univers qu’il connaît comme sa poche. Dans un livre remarquable, intitulé «Voyage en science fiction», le Joinvillois parvient à décrire clairement (et agréablement !) un genre si touffu qu’il paraissait jusqu’ici indéfinissable.

C’est une somme que vient de réaliser François Membre en 150 pages seulement. Il est parvenu à expliquer et classer ce que les auteurs même du genre ne savent définir. Le travail nécessaire, pour s’y retrouver dans une telle jungle est forcément colossal. Et quand on lui demande combien de temps ça lui a pris, il répond tout simplement : «Une cinquantaine d’années environ…». Puis il ajoute : «J’ai surtout la chance d’avoir une excellente mémoire…».

Ecrivain, journaliste et surtout chroniqueur, il a deux passions : la science fiction et la Bande dessinée. De Joinville et depuis des dizaines d’années, il collabore à toutes sortes de magazine. Et il a été critique pour plusieurs revues de science fiction. Le nombre d’ouvrages qu’il a pu lire et analyser est forcément impressionnant. Sa mémoire donc, et surtout son esprit de synthèse, ont fait le reste. De sorte qu’il a pu réaliser ce qui, à notre connaissance, n’existe pas ailleurs.

Excellent pour l’esprit

Mais d’abord, à l’intention de ceux qui s’intéressent peu au sujet, il faut préciser que «La guerre des étoiles» est loin d’être la branche la plus représentative de la science fiction. C’est ce que le grand public connaît le mieux. Mais c’est un style que les spécialistes appellent, avec un certain dédain : le «Space Opéra», par analogie au soap opéra. C’est le western de l’espace qui vaut plus par ses spectaculaires batailles intergalactiques, que par son propos. Encore que les nouveaux auteurs proposent aujourd’hui des histoires plus subtiles que celle du bien (issu de notre civilisation, généralement) contre le mal (venu d’ailleurs). François Membre nous montre en fait que la science fiction est un genre extrêmement riche et intelligent. L’imagination n’ayant pas de limites, tout y est possible, même le meilleur. Et le mot «science», qui invite l’auteur à observer une certaine rigueur intellectuelle (même lorsque le postulat de départ de la fiction est arbitraire), amène bien souvent le lecteur à entrer dans des logiques et à manipuler des concepts forcément bénéfiques pour l’esprit.

L’envie de (re)découvrir

Pour donner un aperçu le plus complet possible de ce que peut être la science fiction, François Membre l’a classée par thèmes : les voyages dans l’espace, les voyages dans le temps, les univers parallèles, les technologies de demain, les mondes de toutes sortes, les fins du monde, les créatures bizarres, les univers mythologiques et merveilleux, les mythes anciens et visions de demain…
Dans chacun d’eux, il a défini des sous-chapitres pour lesquels il a cité des histoires, leurs inspirations et leurs auteurs. Sans jamais oublier évidemment qu’une œuvre traverse généralement plusieurs thèmes. Tout cela est très documenté, bien écrit, fourmille d’anecdotes et ne manque pas d’humour. Ça donne forcément envie de découvrir ou redécouvrir des dizaines
(voire centaines) d’ouvrages remarquables inventés, génération après génération, par les héritiers de Jules Verne et H.G. Wells.

L.T.

«Voyage en science fiction» (168 pages, 19 euros) est publié par les Editions de Varly. Il est distribué par Hachette. Si bien que si votre libraire ne l’a pas, vous pouvez le lui faire commander. Sinon, on le trouve bien sûr sur les sites internet de la FNAC et d’Amazon.

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