Quand ils disent (parfois) des bêtises …

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Mélanie le Saux fait le tour des médias en disant que « Si cet ouvrage gagne le prix Renaudot, les libraires se verront contraints de le commander chez leur concurrent… qui se targue d’éradiquer toutes les librairies, puis les éditeurs, pour avoir le monopole du circuit du livre… ». C’est une bêtise car les libraires ne peuvent pas faire une commande fournisseur avec Amazon, il n’existe pas de passerelle entre eux. Rien n’interdit aux membres du jury Renaudot de mettre dans la sélection un livre auto-édité, peut importe quel est le site de vente, seul prime la qualité du texte.  La perte de sa librairie avec comme raison la concurrence d’Amazon lui fait peut-être perdre le sens des réalités…

Denis Bajram avance plusieurs vérités qui n’en sont pas obligatoirement. Il dit que « les coûts de fabrication ont baissé avec l’impression numérique » C’est vrai pour les petits tirages mais on tourne en numérique autour de trois euros pour 100 exemplaires quand avec le offset on passe sous la barre de un euro pour plus de 1000 exemplaires. Ce sont les petits tirages en offset qui sont hors de prix… Il dit aussi «  les sites de vente permettent une diffusion directe » c’est vrai mais ensuite il faut rajouter le prix de la poste et surtout une diffusion directe ne garantit en rien une vente, rien ne vaut la présence du livre sur la table du libraire… Pour finir il dit « les réseaux sociaux remplacent les médias » là nous sommes dans le fantasme pur. Les auteurs vivent leurs « secondes » de gloire sur internet mais cela ne produit que trop rarement un débordement d’achat. Rien ne remplace 1 mn à la télévision ou une page dans une revue. En fait, le but de Denis Bajram est de faire croire que les auteurs peuvent exister sans les éditeurs. En cela c’est parfaitement vrai, l’auto-édition a toujours existé, rien de nouveau. Mais il a tort en voulant faire penser qu’il est possible qu’un auteur, seul, avec ses propres sous et moyens de communication va être dans la possibilité de faire aussi bien qu’un éditeur qui travaille en équipe, qui a un diffuseur/distributeur, un site internet avec un catalogue… C’est un peu comme dire qu’un éditeur peut remplacer un auteur en écrivant ou dessinant lui-même… C’est toujours possible pour certains mais il est impossible d’en faire une généralité. Par contre, heureusement que Denis Bajram est présent pour faire bouger la situation des auteurs. Dans la bonne ou mauvaise direction, il a le mérite, lui, de vouloir faire en sorte que la profession s’améliore. On ne critique pas celui qui ne fait ou ne dit rien.

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