Panique sur la PQR

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Panique sur la PQR

Enfant, Bertin Timbert adorait Tintin mais il regrettait de ne lire aucun article de son héros. Il s’est fait une promesse « Quand je serai grand, je serai reporter. J’aurai des aventures, mais moi on pourra lire mes articles ». Après une école de journalisme, « Bertin Timbert. Vous pouvez m’appeler Tintin » entre triomphalement comme stagiaire à L’Echo du Mont-de-Dours-Uduluc. Pour ses premiers pas dans la PQR (presse quotidienne régionale), il est chargé de la page la plus lue (et la plus rentable pour le journal) : les avis de décès (avec photo pour un léger supplément) ! Pas la gloire mais c’est mieux que rien et, un beau jour, la chance lui sourit : Ricco Chaix, le « grand reporter » du canard meurt, écrasé par un œuf d’autruche. C’est une opportunité inouïe pour notre héros qui chausse les bottes de son défunt collègue. A lui les grands reportages : noces de diamant d’un couple, rencontre avec une amie des chats, pose de la première pierre d’un pont… et tout va de travers !

Les aventures d’un naïf dans un univers impitoyable. Bertin Timbert explore ses sujets à fond et quand l’interview dérape et plonge dans le gore, il reste impassible et prend des notes pour la Une du journal. En une dizaine de courts récits, c’est la vie d’une bourgade (presque) normale qui est mise à nue sous la plume du journaliste, ce héros des temps modernes. Une plongée irrésistible dans la –décriée mais indispensable– presse de province. Si le trait est gros, un journaliste de base ne peut pas avoir autant de chance en si peu de temps, le récit est assez juste, les professionnels reconnaitront même certaines situations…  Féroce et drôle.

 

Bertin Timbert grand reporter, tome 1 Panique sur la PQR, Devig et Jean Derycke. Editions Fluide Glacial, 48 pages, 14,50 euros.

 

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