Mirages de Will

CRITIQUES BD

Le dessinateur belge Will, de son vrai nom Willy Maltaite, nous a quitté le 18 février 2000. Avec sa disparition c’est un peu de poésie que la bande dessinée perdait. Ses premières réalisations avec, en particulier, pour le journal de Spirou, la reprise (en 1949) de Tif et Tondu et la création de Monsieur Choc, un super-méchant hors catégorie, lorgnent plus du côté de l’aventure et du polar que de la poésie. Mais un dessinateur peut en cacher un autre et (toujours dans Spirou) avec l’univers fantastico-poétique d’Isabelle, à partir de 1970, Will nous présente une nouvelle facette de son art et de la maîtrise qu’il en a. A partir de 1988, son dessin prend une nouvelle orientation et la mise en couleurs prend une plus grande importance. Se souvenant qu’il est aussi un peintre à part  entière (fauviste et expressionniste), il joue sensuellement avec les matières et les coloris et en BD, c’est, en couleurs directes, qu’il produit des œuvres comme Le jardin des désirs et La 27e lettre ou L’Appel de l’enfer.

A l’approche des fêtes et des cadeaux à offrir, les « beaux livres » fleurissent. Biographie en images ces Mirages ne sont pas un vulgaire coup commercial mais un réel hommage à un dessinateur trop discret. Un dessinateur que l’on prend plaisir à redécouvrir tant par l’image que par le texte qui est une compilation de différentes interviews. En neuf chapitres, de la jeunesse et les années d’apprentissage à la reconnaissance du public et de ses pairs, c’est toute une vie qui nous est offerte dans un livre à offrir ou à s’offrir.

François Membre

Mirages de Will, réalisation Vincent Odin. Editions Daniel Maghen, 408 pages, 59 euros.

À l’occasion de la parution de Mirages la galerie Daniel Maghen consacre à Will une exposition (du 24 novembre au 16 décembre 2017), l’occasion de voir ses œuvres en vrai et en grand.

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