La Montagne des morts

CRITIQUES BD

Rome, 12 av. JC. Titus, fils d’Alix, assiste, impuissant, à un autodafé où sont détruits des livres censés être dangereux pour le monde. Pendant ce temps, secrètement manipulé par Livie, épouse de l’empereur Auguste, Kephren entraine Alix dans le désert égyptien, jusqu’à l’oasis d’Amon-Zeus dont le temple du dieu, visité par Alexandre, est censé détenir la statue de Cybèle qui exhaussera ses désirs. Pour amadouer les prêtres, le préfet Barbarus leur a confié la plus grosse émeraude sortie des mines impériales de la Mer Rouge. Mais leur petite troupe est suivie par une bande de guerriers dont la tête est affublée d’un crâne de bélier…

Un récit sombre, pas seulement en raison des scènes de nuit ou de celles se déroulant dans les grottes mais surtout des sentiments qui agitent le jeune Kephren. Tout d’abord avec la haine qu’il porte à son père Enak –accusé de l’avoir abandonné au berceau– mais aussi ses désirs fous de retrouver son intégrité physique et d’accéder à l’éternité et au pouvoir absolu, de devenir un nouvel Alexandre mais encore plus grand, plus puissant. Sombre aussi en raison de la barbare cruauté des prêtres d’Amon-Zeus qui condamne à mort les paysans de l’oasis assassinés par les Siwis, descendants des premiers occupants du site, chassés de chez eux par les Egyptiens et les Romains…

Un récit sombre où l’on suit portant avec intérêt un Alix désabusé qui ne s’étonne même plus d’être entouré de traitres. Un récit sombre dont le scénario de Valérie Mangin fait, avec habileté, une histoire (plausible) dans l’Histoire. Un récit poignant et humain.

Alix senator, tome 6 : La Montagne des morts, Jacques Martin, Valérie Mangin et Thierry Démarez. Editions Casterman, 48 pages, 13,95 euros.

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