La honte de la censure

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La censure, cette honte de moralité, revient avec force. Ce virus qui donne le super pouvoir de savoir ce qui est bon ou pas pour les autres fait des ravages sur les réseaux sociaux. La principale victime du moment est le livre, cet objet qui peut contenir tant de saleté et qui portant brule si bien. Il faut interdire ce qui déplait au nom du bien-être de la bonne pensée. Nous avions déjà eu la piètre tentative d’interdire l’album « Tintin au Congo » d’Hergé sous prétexte que l’album était raciste et qu’il représentait mal les noirs d’Afrique… Ce que peu savent, c’est que le plaignant a été décrié par la ministre de la Culture du Congo qui lui a répondu qu’Hergé avait parfaitement bien représenté leurs ancêtres.  Ensuite nous avons une chanteuse qui a voulu jetée au feu un livre d’Agatha Christie, « Dix petits nègres » sous prétexte qu’il ne faut plus utiliser le mot nègre dans un titre. Révisons l’histoire de la littérature cela ne sera jamais du révisionnisme…  Ensuite, nous avons la bombe « Gallimard » qui a fait savoir qu’il voulait rééditer les pamphlets antisémites de Céline. La vague d’indignation a parcouru nos esprits. Comment un tel projet pouvait donc exister ? Gallimard, pour calmer les esprits a fait semblant de revenir sur le projet, qui finira quand même par sortir. La raison est simple, il est extrêmement facile sur internet de trouver les textes de Céline. Il est possible pour un incrédule de lire et de comprendre ce que Céline a vomi sur son papier. Puisqu’il est impossible de faire disparaitre les textes, il est important de les rééditer en les accompagnants de toutes les explications possibles sur une monstruosité qui ne s’explique pas. Afin de ne pas oublier et afin que cela ne se reproduise plus jamais il est important d’en parler. Ensuite, nous avons la réédition avortée de Bamboula chez De Varly Editions. C’est l’exemple type de l’acharnement humain bête et méchant accompagné par des faux médias en recherche d’une couverture médiatique. En 1951, le dessinateur pour enfant, Mat, qui avait à son actif Charlot, Laurel et Hardy, Oscar le canard, a voulu faire la première BD contre le racisme. Il a mis en avant un enfant noir, partant d’Afrique et arrivant en France. Il va vivre plusieurs aventures dans lesquelles  il va faire au début des bêtises, mais rapidement il va montrer sa force de caractère, son courage, son honnêteté, son intelligence… bref il va devenir l’exact contraire de ce que les bien-pensants disaient des noirs à l’époque. Mais voilà, pour toucher son public, les enfants, il fallait que les parents achètent la bd, donc il a donné à son personnage le nom de Bamboula. Ce qui ne passe pas du tout à notre époque. L’éditeur, face aux critiques a jeté l’éponge, mais, comble de l’ironie, c’est un éditeur qui se trouve en Côte d’Ivoire  qui discute en ce moment le rachat des droits. L’éditeur africain estime que « Bamboula représente le type d’exemple qu’il faut donner à la jeunesse du pays pour avoir la volonté d’aller plus loin et plus haut »… Ensuite nous avons la dernière polémique du moment qui concerne un livre jeunesse «  On a chopé la puberté » des éditions Milan. C’est un livre pour les jeunes filles dans lequel quatre personnages féminins vont dire ce qu’elles pensent sur la puberté. Nous avons d’un côté deux filles qui disent des choses un peu extrêmes, voir fausses,  et de l’autre côté nous avons les deux autres filles qui sont plus mesurées, qui rassure. Le tout avec un mélange d’ironie qui ne passe pas chez les adultes. Une pétition a été ouverte pour « interdire » le livre. Celle-ci a été signée par plus de 100.000 personnes qui ont été dans leurs ensembles complètement manipulés. En effet, dans la pétition, il n’est mis en avant que les deux filles « négatives » et jamais les deux filles « positives ». Il est facile de dire du mal d’un ouvrage en ne donnant qu’une partie de l’information… L’éditeur vient d’annoncer qu’il ne procédera pas à une nouvelle réédition. Peu importe, car rien ne dit qu’il en avait l’intention et puis rien ne l’interdit à faire quand même une réédition. Dans tous les cas que je viens de citer, les éditeurs ont tous eu la même réaction. Face à la folie et à l’absence d’un possible dialogue, ils ont fait profil bas soit en présentant des excuses soit en annulant le projet. La censure ne gagne qu’avec le mensonge et la haine. Pour faire mourir un livre, il existe une manière simple, il suffit de ne pas l’acheter et de ne pas lui faire de la publicité. La censure d’un livre n’est rien d’autre que le meurtre de notre civilisation.

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