Hector le boucher

CRITIQUES BD

Le père d’Hector est Normand. Comme les vaches dont il vend la viande… Nestor et Colette, ses parents, sont les bouchers du bourg. Hector est choyé et heureux. C’est lui qui reprendra le commerce plus tard… Mais pour l’instant, il a six ans et une enfance heureuse à vivre… Hélas parfois, le sort s’amuse à jouer des tours. Après la tragique disparition de ses parents, Hector grandit chez ses grands-parents, tiraillé entre un destin tout tracé et son adorable tante Betty, qui défend la cause animale… Après de sérieuses études à l’abattoir local puis un apprentissage chez un artiste du bifteck parisien, il gagne ses galons de MOF (Meilleur Ouvrier de France) et est félicité par le président de la République avant de s’installer à son compte. Une petite boutique traditionnelle mais qui ne sert que de la viande française de qualité exceptionnelle et c’est la gloire, conférences, télé…

Alors qu’on aurait pu réaliser une BD documentaire sèche et ennuyeuse, les auteurs nous présentent un personnage humain avec ses qualités et ses défauts. Malmené par la vie, le jeune Hector ne recule devant rien pour réaliser son rêve. Mélange d’humour et de réalisme, voire de rage et de rencontres improbables, le récit fait mouche même si la fin fait un peu midinette. Une biographie étonnante et détonante où les auteurs casent tout à la fois une romance, de sordides secrets de famille et un plaidoyer où ils prônent un retour à une agriculture traditionnelle opposée à la malbouffe des industriels de l’agro-alimentaire. De quoi vous faire regarder votre assiette avec un œil neuf et interrogateur.

 

Hector le boucher, Kolonel Chabert, Jean-Blaise Djian. Editions Jungle, 128 pages, 16,95 euros.

 

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