Charlot au régimment

CRITIQUES BD

Alors que Charlot fait trempette dans une rivière, Omer Ovingien, militaire en délicatesse avec cette ponctualité qui fait la force des armées, décide d’éviter la punition qui l’attend en échangeant sa tenue avec celle de notre vagabond préféré. Bien entendu et quoi que physiquement différent du déserteur, Charlot sera confondu avec celui-ci et mené au bloc, manu militari. Avec la même maladresse touchante, il va ainsi passer des blindés aux spahis et à la cavalerie puis à la musique avant d’enchainer sur l’aviation et le génie mais, enchainant les bourdes, chaque fois, il va monter en grade …

En France, le personnage lunaire créé par Charlie Chaplin a été l’objet de plusieurs adaptations libres en bandes dessinées. Avant-guerre (dans des albums de 64 pages) Thomen fut le premier à le croquer dans ses aventures acrobatiques. Avec la Libération et la renaissance de la SPE, son éditeur historique, les aventures du vagabond bon-enfant reprennent et se poursuivent et puis, après 1963, ce fut le silence… Après 54 longues années d’absence, voici donc le grand retour de Charlot, grâce à de Varly, l’éditeur qui joue la carte du patrimoine BD oublié. Cet album, le 17e de la série publiée après-guerre par la SPE, est aussi le premier Charlot de Mat qui est surtout connu pour la série consacrée à Oscar le petit canard. Si l’histoire, qui se déroule au début des années 1950, accuse parfois son âge, elle reste néanmoins suffisamment jubilatoire pour satisfaire un lecteur moderne. On a tous en nous quelque chose de Charlot.

 

Charlot au régiment, dessin Mat et scénario (probablement) Montaubert. Editions de Varly, 48 pages, 18 euros. ISBN : 978-2-37504-039-3

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