Beauté Noire et le Groupe Prospero – tome 1 : Les Chasseurs de Haine

CRITIQUES BD

Fin du XIXe siècle. Alors que Paris a encore du mal à cicatriser des plaies de la Commune, un attentat se prépare contre l’écrivain Émile Zola. Son crime ? Avoir osé défendre le capitaine Dreyfus dans son célèbre texte « J’accuse ». Heureusement pour lui, dans cette Europe secouée par l’antisémitisme et la montée de l’anarchie, un groupe secret de marginaux lutte pour défendre les victimes des persécuteurs. Elle est noire, ils sont juifs, métèques ou saltimbanques. Ensemble, ils ne font qu’un. Ils sont le groupe Prospero…

Le ton (ambiance, scénario et dessin) nous ramène à la grande époque du roman feuilleton : le XIXe siècle. Paul Féval, Alexandre Dumas, etc. ne sont pas loin, les rebondissements et les déguisements abondent mettant en scène des personnages peu fréquents dans la BD classique. Prendre comme héroïne centrale une jeune métisse dont les parents furent exécutés lors de la Commune qui, à défaut de justice, recherche la vengeance est inhabituel et prometteur. C’est vrai, l’idée de base était séduisante. Mais pourquoi Simsolo s’est-il laissé aller à mettre autant en avant la violence presque gratuite ? Bien sûre, elle est omniprésente à cette époque mais que les membres du groupe Prospero –censés être les gentils– ne reculent pas devant le crime pour faire triompher leur idéal de liberté et d’égalité, procure un certain malaise.
Malgré ce point (important) l’album est attachant et permet de retrouver la face cachée de cette Belle époque qui ne l’était pas pour tout le monde.

Beauté Noire et le Groupe Prospero – tome 1 : Les Chasseurs de Haine, Noël Simsolo et Olivier Balez. Editions Glénat, 48 pages, 15 euros, ISBN : 9782344012376.

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