BD : Valse avec Bachir

CRITIQUES BD

L\’israélien Ari Folman s\’entretient avec un ami sans savoir que cette conversation va réveiller chez lui de douloureux souvenirs. Ce dernier lui parle d\’un terrible cauchemar où il se voit agressé par des chiens féroces. Cela le ramène vingt ans en arrière, à l\’époque de la guerre au Liban. Il était chargé de tuer les chiens avant d’investir les villages ennemis. Il évoque devant Ari le massacre de Sabra et Chatila mais Ari qui a assisté à cette tuerie ne se souvient de rien. Cette rencontre va provoquer chez lui une réminiscence des événements de l\’époque. Il décide alors de savoir pourquoi il a tout occulté et part à la chasse aux souvenirs auprès de ses compagnons d\’autrefois. Au fil des rencontres, Ari commence à se rappeler son départ au Liban et la mort de Bachir. Il est arrivé à Beyrouth où les combats faisaient rage. Mais que s’est-il passé devant les camps de Sabra et Chatila ? En 1982, après la mort de Bachir, président du Liban, ses partisans, les phalangistes, ont voulu le venger en «nettoyant» les camps de Sabra et Chatila des combattants palestiniens. Les israéliens étaient chargés d’apporter un soutien logistique à cette opération. Il ont vu les phalangistes tuer des civils pendant deux jours et ne sont pas intervenus. Alerté, le Ministre de la Défense, Ariel Sharon, a laissé courir. Comme tant d’autres jeunes soldats, Ari Folman s’est senti coupable et s’est protégé inconsciemment en oubliant les faits relatifs au massacre. Individuellement, chaque militaire a eu sa part de  responsabilité. Folman a voulu retrouver la mémoire et la réalité a été tellement difficile à accepter qu’il en a fait un film d’animation. C\’est devenu une forme de thérapie. Avec le dessinateur, David Polonsky (directeur artistique du film), Folman a réalisé, non sans mal, une version BD de ce cauchemar. En effet, il ne suffisait pas de reprendre les images du film. Il fallait un scénario clair (conçu comme un lent cheminement vers la vérité), des images (semi-réalistes) bien choisies et un découpage propre à la BD.

Comme le film, la BD est un véritable coup de poing qui ne peut laisser personne indifférent et qui éveille les consciences…

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