BD : Sergent Kirk

CRITIQUES BD

Alors qu’il apporte le courrier au fort, le sergent Kirk du 7e de cavalerie fait prisonnier un indien qui vient de l’attaquer. Maîtrisant son assaillant, il l’emmène comme prisonnier avec lui. L’homme, un chef Comanche, est trop important pour rester au fort et doit être transféré…

Dessiné entre 1953 et 1959 quand il était en Argentine, Sergent Kirk est l’œuvre la plus prolifique et la plus méconnue d’Hugo Pratt. Les scénarios sont signés d’Héctor Oesterheld, à qui l’on doit également Ernie Pike. La version qui nous est donnée aujourd’hui a été reprise et remontée par Pratt en 1967. Il a d’ailleurs redessiné des histoires pour le magazine italien Sergent Kirk.

Alors que, dans les années 50, le western, tant au cinéma qu’en BD, montrait les Indiens comme de dangereux sauvages, Pratt se distingue. S’il présente, au contraire, une guerre d’extermination plus conforme à la vérité historique, son héros n’est pas d’une seule pièce. Dans les premières pages, il déclare « Je ne comprends pas cette haine des Indiens ». Rongé par le doute, Kirk se consume en sentiments contradictoires, partagé entre son devoir militaire et la compassion humaine. C’est celle-ci qui va l’emporter. Kirk va déserter et se mettre du côté des indiens et des plus faibles.

Composé avant Corto Maltese, Sergent Kirk est un western humaniste qui s’impose comme une saga de grande qualité où le trait de Pratt est admirablement servi par le noir et blanc. Un regret néanmoins, la lecture aurait été beaucoup plus agréable avec l’emploi de caractères plus gras.

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