BD : Les Nombrils T3 Les liens de l\’amitié

CRITIQUES BD

Au tome 3 de cette parution est-il encore besoin de vous présenter les héroïnes ? L’une s’appelle Vicky. Elle est brune et aussi belle que méchante. L’autre se prénomme Jenny. Elle est rousse et son QI est égal à son tour de taille. La troisième c’est Karine, le souffre-douleur ! Elles sont toutes trois lycéennes et nous font partager leur quotidien de querelles, de petites mesquineries, de cruautés et de grandes lâchetés.

Marc Delafontaine, alias Delaf, et Maryse Dubuc sont québécois, mariés à la ville. Ils nous propose ici une B.D. dont le traitement est résolument moderne. D’abord, le graphisme de Delaf, influencé dit-il par les travaux de Dupuy et Berberian, procure des surprises stylistiques innovantes. Ainsi, le caractère de la grande nouille de Karine est rendu visible par silhouette très molle et longiligne. Ensuite, la série est découpée en planches mais une narration continue sous-tend tout l’album. Ce procédé narratif permet de lire les albums indépendamment les uns des autres tout en comprenant le contexte dans lequel les personnages évoluent. Malheureusement, le trait reste assez caricatural et, si il y a plusieurs niveaux de lecture, ils oscillent le plus souvent entre bouffonnerie et farce tragi-comique.

Si on peut considérer qu’il s’agit là d’une peinture sans concession du monde de l’adolescence où la langue de bois n’est pas encore de rigueur, il est probable cependant que cet univers englobe une réalité malheureusement beaucoup plus sordide, le reflet de la société occidentale moderne sans valeur et surtout sans espoir.

 

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