BD : Désordre au Paradis

CRITIQUES BD

La première publication de cet ouvrage date de 1989. L\’auteur, Gabrielle

Vincent, qui est décédée en 2000, n\’a jamais su lire une bd. Il parait

qu’un adulte privé de la lecture de bd dans son enfance a énormément de

mal à faire le lien entre le dessin et le texte. Pourtant cela n\’a

jamais empêché Gabrielle d\’afficher son admiration envers d’autres

dessinateurs de son époque tels Peyo, Jacobs, Moebius, Manara.

Désordre au Paradis est un vrai coup de pied dans la fourmilière du

format rigide de la bd. Adieu cases aux traits bien droits, contours

passés au feutre noir… et bonjour à l\’œuvre polymorphe, libre d\’exister

comme elle le souhaite.

Séraphine est un petit ange qui découvre que l\’on peut s\’ennuyer au

Paradis. Il y découvre que les anges « adultes » ne font que de

respecter les règles de l\’ordre afin d\’obtenir leurs auréoles. A avoir

du temps libre à ne plus savoir qu’en faire, mis à part regarder la

télévision, Séraphine se révolte, réclame d’être écouté, et par dépit,

finit par fuir du Paradis vers la Terre. Il reviendra pourtant afin

d’obtenir ce qu’il désirait tant : dessiner !

L\’histoire est belle, le graphisme un tantinet fouillis de la bd révèle

néanmoins la passion de l’auteur pour le dessin. On respire dans les

pages, on suit notre petit ange, et rien que lui. Le Paradis n\’est

jamais si beau que sur une page blanche. Le travail de l\’éditeur

Casterman sur la couverture et la mise en pages témoignent d’un grand

respect de l’œuvre.

Laisser un commentaire