BD : Brouillard au pont de Bihac

CRITIQUES BD

Gabriel Germain, un nouveau venu dans la BD, réalise ici une adaptation de deux nouvelles de Jean-Hugues Oppel qui ont en commun la noirceur et l’immoralité. Brouillard au pont de Bihac  met en scène de nombreux personnages qui vont tous se retrouver à la fin. Un épilogue par ailleurs inattendu. Bihac en Bosnie. Le conflit bat son plein entre les serbes et les bosniaques. Les civils trinquent. Un sniper blesse un gosse pour attirer ses parents. Deux employés de banque attendent le brouillard pour s’enfuir dans un camion maquillé en ambulance et rempli de lingots d’or volés. Un char de l’O.N.U. bourré de soldats insouciants se dirige vers la banque… Au passage, Oppel nous gratifie d’une réflexion sur la guerre et les victimes innocentes dont le sort se décide ailleurs. 58 minutes pour mourir raconte avec cynisme la préparation d’un attentat terroriste dans un aéroport la veille de Noël. On comprend vite qu’un ours en peluche va jouer le premier rôle et, bien qu’un suspense s’installe lentement, la chute est trop prévisible. Adapter des nouvelles n\’est pas donné à tout le monde. Certains, comme Loustal, y réussissent parfaitement. Ici, on a l’impression qu’il s’agit d’un pur exercice de style et rien d’autre. Heureusement, le traitement graphique irréprochable, en noir et blanc, sauve un peu les deux récits du naufrage.

On attend Gabriel Germain dans une oeuvre plus personnelle…

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