2018 la fin de la hausse des ventes pour la BD

De la poudre aux yeux ! C’est la méthode utilisée afin de faire croire que le monde de l’édition se porte bien grâce à la vente des bandes dessinées.  Déjà tous les éditeurs n’ont pas des BD ou des mangas dans leurs catalogues et surtout il ne s’agit pas d’une hausse importante des ventes de BD mais bien d’une baisse des ventes des livres qui permet aux BD d’être en tête. Pour combien de temps ? L’année 2017 fut catastrophique durant le premier semestre. Du jamais vu depuis plus de 15 ans. Nous n’avons pas encore reçu par la chambre des commerces le nombre des fermetures définitives des libraires en France mais il semble être important. Les éditeurs ont eu peur, suffisamment pour que certains fassent des fussions. De septembre à décembre, c’est l’inverse qui s’est produit, des explosions en termes de vente, de quoi redonner le sourire aux professionnels. Mais on ne fait pas du commerce uniquement sur les quatre derniers mois de l’année. Les éditeurs de livre comme de BD ont à présent peur que la même situation ne se reproduise en 2018 et cela semble en prendre le chemin. Janvier 2018 est à nouveau un mauvais mois pour les ventes et c’est encore plus mauvais que janvier 2017. Les libraires sont inquiets. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir des nouveautés sur les tables, trop certains disent, car les éditeurs semblent avoir mis en action une  forme de décision pour les parutions ; sortir un maximum d’ouvrages sur le premier semestre et garder les « Best Sellers »  pour la fin de l’année. En cela rien de nouveau certes, mais c’est la quantité qui elle est nouvelle car il semble que cela soit l’ensemble des éditeurs qui ont choisi cette formule. Le résultat pour janvier est probant, trop de nouveautés, trop de nouvelles séries, trop d’auteurs inconnus (ce qui ne retire en rien leurs talents) et en face moins de clients potentiels, moins de pouvoir d’achat, moins d’envie d’achat. Les Français sont pourtant des grands lecteurs mais quand on sait qu’environ 65% gagnent l’équivalent ou moins que le SMIC ce sont autant de lecteurs qui ne peuvent pas acheter un livre à 20 euros… On discute énormément du pouvoir d’achat des auteurs, c’est normal, mais comment on pourra augmenter le salaire des auteurs si en face les chiffres des ventes s’écroulent ? Et pour une fois ce n’est pas de la faute d’Amazon, coupable idéal des libraires.  Alors que faire ? Quel est la solution ? Pour les éditeurs qui font de la cavalerie, la nouveauté paye la fabrication du livre précédent, pour eux 2018 risque d’être l’année du jeu de la pièce, pile ou face. En coulisse on parle de certaines fussions qui vont avoir la valeur d’un cataclysme nucléaire… inattendu. D’autres éditeurs littéraire vont rajouter de la BD à leurs catalogues et l’inverse existe aussi, des éditeurs BD vont faire de la littérature. Ce n’est plus manger à tous les râteliers, c’est sauve-qui-peut ! D’autres éditeurs annoncent doubler voire tripler leurs parutions, c’est la fuite en avant puisque la proportion des potentiels clients n’augmente pas mais diminue ! D’autres encore pensent ou annonce en priver que 2018 va être la dernière année d’existence s’ils ne trouvent pas de repreneur. Et à côté de cela les éditeurs du patrimoine se portent très bien. Les repreneurs du Coffre à BD ont ouvert une boutique à Angoulême et l’éditeur De Varly a obtenu la licence de Chaplin et de Laurel et Hardy. Être spécialisé dans un domaine sera peut-être la solution pour 2018.

La collection Iznogoud

Hachette vient de faire le lancement d’une nouvelle collection disponible chez les marchands de journaux : Iznogoud, le plus sympathique des Vizirs qui a toujours voulu devenir Calife à la place du Calife. Ses papas, Goscinny et Tabary, ont su produire une œuvre sortant de l’ordinaire, rendre populaire un méchant ! Hachette va donc proposer une collection contenant 30 ouvrages. La particularité étant que les albums contiendront les histoires dans l’ordre de création, contrairement aux albums existant chez Tabary édition. C’est une belle proposition qui va rendre cette collection intéressante. Dommage que le dossier de présentation présent dans le premier album soit si peu complet, presque inintéressant. Nous verrons bien par la suite, mais le plus important est bien entendu les planches.

https://www.hachette-collections.com/livres-et-bd/collection-iznogoud/votre-numero-1/vos-premiers-numeros.htm

Tintin dans la Franc Maçonnerie

Tintin fait la une de la revue « Franc Maçonnerie » N 57.

Plus précisément, la revue contient un dossier sur le monde de la bd et la Franc Maçonnerie avec un focus sur l’univers de Tintin et les signes qu’Hergé a laissé dans les 22 albums de Tintin. Ce dossier est écrit par Bertrabd Portevin, auteur de plusieurs ouvrages de grande qualité sur Hergé et Tintin. On relit avec plaisir les signes kabbalistes, comme les nombres 22 et 64 ou le chiffre 7 du fameux slogan publicitaire « de 7 à 77 ans ».  Mais l’alchimie et le tableau de loge ne sont pas non plus oubliés. Mais attention, le profane risque de ne rien comprendre et il serait en droit de penser que dire qu’il existe des signes maçonniques comme le voyage du compagnon dans « L’ile Noir » ou une initiation dans « le Sceptre d’ Ottokar » c’est comme dire que le capitaine Haddock et la Castafiore ne sont que des personnages du roman de la quête du Graal… un peu n’importe quoi ? La question est de savoir si Hergé était ou non maçon. Certes à l’époque de nombreux ouvrages dévoilaient déjà les secrets… mais à quoi cela sert de donner un code ou une clé si on ne sait pas où se trouve le coffre ou la porte du Temple ? On peut frapper et chercher comme un profane, donner les codes sans la compréhension cela ne  sert à rien. Hergé lui a su cacher dans ses dessins les signes et il a réussi à construire des histoires parallèles qui ne sont compréhensibles que par les initiés compagnons, on laissera à l’apprentie le temps de préparation aux voyages.

Le doute n’ayant plus sa place, le frère Hergé a laissé un héritage maçonnique et alchimiste aux générations futurs. A vous d’apprendre à lire et à écrire.

Jean-yves Delitte écrit une lettre ouverte à Casterman

Lettre ouverte à Casterman.

Ainsi donc Casterman a définitivement perdu son âme.

Cette si jolie et prestigieuse maison d’édition a donc bien en son sein des êtres sans honneur qui mangent leur parole !
Des irresponsables qui choisissent même, par lâcheté, de déléguer à d’autres la tâche ingrate d’expliquer à un auteur l’arrêt d’une série !

Que d’aucun ne perde son temps à évoquer maladroitement de futiles prétextes et la découverte fortuite d’un prétendu manque de rentabilité pour se justifier ! Les comptes d’exploitation de tout ouvrage sont consultables quotidiennement. La série du Sang des Lâches a été traduite et éditée dans plus d’une langue et plus d’un pays, oser évoquer une perte soudaine de rentabilité alors que la veille encore, on insistait pour que la série se poursuive et qu’on se vantait d’un nouveau format d’édition, ne fera que souligner davantage un consternant je-m’en-foutisme, un réel manque de professionnalisme ou encore un exécrable cynisme.

J’ai encore en mémoire les mots échangés en avril de cette année quand je mettais la main aux dernières pages du quatrième épisode du Sang des Lâches. J’avais été témoin du brusque licenciement de mon éditeur responsable, Reynold Leclercq. Au-delà des motifs de ce départ précipité, je me posais des questions sur l’éventualité d’une nouvelle politique éditoriale qui exclurait des titres et séries. La réponse à mes interrogations avait été sans équivoque : « Bien entendu, Jean-Yves, nous comptons sur une suite aux Sang des Lâches et les éditions Casterman sont honorées de vous avoir comme auteur…». Il y a quelques jours encore, on m’assurait et renouvelait le soutien de Casterman pour la suite, on insistait pour connaître le scénario des tomes suivants ! Et puis subitement, ce matin… C’est tout le contraire ! Quelques mots embarrassés, bredouillés au téléphone, Casterman a décidé d’arrêter la série! C’est une décision définitive et sans appel!

Je sais, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », mais j’avais la naïveté de croire que chez Casterman, la parole donnée avait encore une valeur ! Il a eu une époque où les services éditoriaux de Casterman pouvaient se targuer de se battre avec une belle ardeur pour défendre des titres, des séries et des auteurs.

Aujourd’hui, il n’en est assurément plus rien, monsieur Benoît Mouchart. Vous êtes de ces personnages à qui, après avoir serré la main, on doit s’empresser de la nettoyer ! On vous a donné des épaulettes de directeur bien trop larges pour votre petite personne ! Vous n’avez même pas le courage d’affronter l’auteur, de présenter des excuses et d’assumer vos erreurs ! Votre jeunesse n’excuse pas cette effronterie. Nous avons tous une réputation à entretenir. Je connais la mienne. Vous, si vous l’ignorez, elle va se caractériser par celle d’un être sans parole et sans honneur. Triste de vous !

Je suis parfaitement conscient des contraintes financières et je peux parfaitement entendre qu’une série doit s’arrêter pour des raisons économiques, bien que pour le Sang des Lâches je doute d’une telle pertinence. Mais il existe ce que l’on nomme le savoir vivre, la politesse, la considération et la droiture. De belles qualités qui vous manquent cruellement, monsieur Benoît Mouchart !

Le Sang des Lâches n’était qu’une liberté que je m’accordais, une parenthèse dans mon travail, car j’ai la chance d’entretenir de vraies et belles relations avec un vrai et grand éditeur. Néanmoins, j’exécutais les albums du Sang des Lâches avec la passion et le professionnalisme qui me caractérisent. Or, en insistant pour que je place le mot « À suivre » à la fin du quatrième tome, alors que je pensais au mot « FIN » , vous m’avez abusé, monsieur Benoît Mouchart. Vous m’avez demandé de rendre un travail qui paraîtra incomplet alors qu’il aurait pu se conclure avec beauté. Mais vous n’avez probablement que faire de tout cela. Votre politique éditorial s’évertue à mettre en avant une bande dessinée qui se qualifie par une cruelle manque de talent. Vous prétendez voir dans le gribouillage enfantin de la virtuosité et dans l’absence d’écriture une prouesse ! Alors une vraie bande dessinée, avec une vraie histoire, avec de vrais dessins, cela doit vous ennuyer. Je ne polémiquerai pas plus, cela serait vain. Engoncé dans vos petites certitudes, Monsieur Benoît Mouchart, vous refuserez de voir des évidences. Vous croyez détenir LA vérité alors que ce n’est que votre vérité!

Ces mots et ces lignes vont paraître sévères et grossiers. D’aucuns croiront même qu’ils sont la traduction d’une profonde amertume. Qu’ils ont été couchés sur le papier sous le coup de l’émotion. Il n’en est rien! Je persiste et signe comme l’écrivait le grand Jacques dans une ode contre l’extrémisme.

Je conclurai donc cette diatribe en saluant chaleureusement certaines personnes avec lesquelles j’ai que le plaisir de collaborer durant la réalisation des quatre ouvrages du Sang des Lâches, elles se reconnaîtront.
Comme j’espère pour Casterman, qu’un jour, il y aura à la barre, un grand et fier capitaine qui sera choquer les drisses, serrer les écoutes et hisser haut le pavillon de la grande aventure.

Quant aux autres personnages, à l’image de vous, monsieur Benoît Mouchart, des matelots de basse paye qui prétendent tout savoir de l’art de naviguer au grand large, je n’éprouve rien, même pas du mépris.
On ignore les gens sans intérêt. On espère simplement, qu’un jour, ils seront débarqués pour éviter au vaisseau de chavirer.

Jean-Yves DELITTE

Auteur & Directeur de Collection
Peintre Officiel de la Marine
Membre titulaire de l’Académie des Arts & Sciences de la Mer
Président des Peintres de Marine Belges