La grande aventure du journal Tintin …

… ou le plus mauvais livre de l’année. Gautier Van Meerbeek dans son introduction commence par dire une vérité ; le 26 septembre 1946 paraissait le premier numéro du journal Tintin et marque aussi la création des Éditions du Lombard par Raymond Leblanc. Le livre est par contre présenté comme un hommage au journal de Tintin et on désire faire croire au lecteur que l’éditeur Le Lombard passe  au deuxième plan. Pour un hommage c’est parfaitement raté et pour une lourde autopromotion des albums maison on a déjà vu mieux. Je m’explique.

Le texte de la création du journal en 1946 tient sur quatre pages et encore avec des marges grandes comme un paquebot et des photos/images qui prennent le reste de la place. Ça c’est pour la présentation, le contenu lui est plus que mauvais, il est vide de sens. Rien sur le départ précipité du rédacteur en chef, rien sur les petites histoires des arrivées des autres auteurs comme Edgar Pierre Jacobs. On reste sur sa fin en espérant que la suite sera meilleure, plus fournis en explication. Et bien même pas. On retrouve des reproductions des couvertures et des planches de Tintin de bonne qualité mais mille fois vus que l’on se trouve déjà à la 81éme page sans rien avoir appris. Ensuite on nous parle de Belvision, une société de création d’animation appartenant à Raymond Leblanc. Une page de texte. Et bien entendu rien du tout sur les difficultés rencontrés par l’équipe pour Tintin et le lac aux requins, faute de moyens financiers à l’époque. On tourne les pages et on arrive enfin à la fameuse rétrospective du journal de Tintin, la raison d’être de l’ouvrage. Et là vous recevez une claque, vous savez la magistrale baffe que votre père aurait pu vous mettre si vous aviez commis un jour d’enfance la plus monumentale des bêtises. On nous offre par pairs d’années des documents tous déjà vu et lu ailleurs, surtout dans le journal. Pour la nouveauté et la découverte c’est le zéro absolu. Que des reproductions des textes et de publicités parus dans le journal, on retrouve même des papiers d’époque de Philippe Goddin … On pourrait croire que l’on pourrait être satisfait des reproductions des planches mais même cela est décevant. Certes c’est de la qualité, mais payer 49 euros pour avoir la quasi-reproduction du journal Tintin du 29 septembre 1981 on repassera. Surtout si c’est pour avoir des planches de 1981 dans presque toutes les années de 1947 à 1960. Quant aux textes d’explication, années par années, soit ils sont écrits si petit qu’ils en deviennent illisible, soit ils ressemblent de trop aux textes écrits par Jean-Louis Lechat pour la collection « Un demi-siècle d’aventures » du même éditeur.  Même la fin est complètement bâclée. Quasiment rien sur les véritables raisons de la fin de l’aventure du journal, rien sur la tentative de continuité avec « Hello BD », rien à part la reprise d’un papier de l’époque de, encore, Philippe Goddin. Non ce livre n’a strictement rien à voir avec un hommage pour la revue de Tintin. Tout au plus, cela aurait pu être un hommage à l’éditeur, un ouvrage de référence pour tous les auteurs qui sont passé chez Le Lombard, cela aurait eu plus de sens. Ce livre ne s’adresse pas aux collectionneurs ni à ceux qui ont pu comme moi avoir la chance de lire la revue toutes les semaines durant de nombreuses années. Je me pose même la question, à qui peut s’adresser ce livre ? 777 pages de raté, un hommage pour rien et 49 euros pour cela ? La seule chose qui est vraiment réussie, je tiens quand même à le dire, c’est la couverture. Dommage.

https://fr.tintin.com/news/index/rub/0/id/4667/0/la-grande-aventure-du-journal-tintin

Titans 42

Le Titans 42 est sortie le juillet 1982. Le prix de vente était de 6,50 francs. Un prix raisonnable à l’époque.

Le numéro contient : La guerre des étoiles, épisode 35  » Trahison » de Goodwin, Infantino et Day; Machine Man, épisode 11 « Et s’il n’en reste qu’un » (avec Hulk) de Stern, Buscema et Esposito; Mikros épisode 2 « terreur sur la 5e avenue » de Naughton et Mitton; Dazzler! épisode 8 « marche à l’ombre, Harry osgood! » de Fingeroth, Defalco, Spronger, Colletta.

http://www.devarly.net/les-occasions/87-titans-42.html

 

Old Pa Anderson

État du Mississippi, années 60. La femme d’Old Pa Anderson vient de mourir. De vieillesse, peut être, de chagrin sûrement. Le vieil homme se reproche son inattention envers sa femme et la lâcheté dont il a fait preuve huit années plus tôt quand sa fille a disparu. Mais, au Mississippi, quel enquêteur blanc perdrait son temps à chercher une fugueuse noire ? Cependant, après l’enterrement de son épouse, Old Pa apprend que la fille d’un ami aurait « vu quelque chose ». Lizzie, sa fille, aurait été contrainte par trois hommes blancs à monter dans une voiture. Parmi ces hommes figure l’employé d’un garage local. La décision d’Old Pa est prise, il n’a plus rien à perdre, il veut savoir et enterrer sa fille dignement. La chasse à la vérité est ouverte…

Au travers de ce que l’on n’ose appeler un fait divers Yves H et son père Hermann viennent nous rappeler la monstruosité du racisme « ordinaire ». Abrogée, en 1954, par la Cour suprême la ségrégation légale a officiellement fait place au « Separate but equal », séparés mais égaux. Une égalité qui n’est que théorique, le Klu Klux Klan est là pour le rappeler.

Dans cet ouvrage magnifiquement mis en images par Hermann, le scénario ni vraiment thriller, ni vraiment policier vaut surtout pour sa façon de poser un regard humain sur les protagonistes du drame. Une façon de participer au devoir de mémoire d’une période honteuse des États-Unis. Une page qui n’est pas encore totalement tournée comme le rappellent les récentes « bavures » policières.

Critique de François Membre

http://www.lelombard.com