BD : Crusades, Tome 2 : La porte d’Hermès

Dans les catacombes de Daviette, le frère Guillaume de Sonnac et la troupe de l’ordre du temple envoyés par le pape Innocent IV croisent le fer avec des créatures démoniaques. Acculés, ils trouvent refuge dans un gigantesque vaisseau métallique qui semble venir tout droit du futur. Au contact d’un curieux miroir liquide, Guillaume et ses hommes vont emprunter un passage direct vers le tombeau d’Hermès, un lieu légendaire dont l\’emplacement n\’est indiqué sur aucune carte. Les croisés rejoignent la ville d’Alexandrie pour trouver un rabbin capable de déchiffrer les hiéroglyphes qui ornent la sépulture d’Hermès, pensant ainsi élucider l’origine de la force mystérieuse qu’ils ont eu à affronter plus tôt. Mais à leur retour, l’entrée du caveau a été rebouchée. La secte des assassins les y attend, ainsi qu’un ancien allié qui est passé à l’ennemi…

Après un premier tome prometteur (http://www.bdtresor.net/index.php/module/critiques/cat/1/artid/888/bd–crusades,-tome-1-le-spectre-aux-yeux-d%E2%80%99argent.html), le second volet de Crusades tient bon la barre. Que ce soit au niveau de l’action, parfaitement dosée tout au long des soixante pages, ou grâce à l’intrigue qui dévoile peu à peu ses ficelles, La porte d’Hermès s’avère extrêmement  jouissif à la lecture. Pour peu qu’il aime le mélange des genres : histoire, épouvante, fantasy, science-fiction… le lecteur sera séduit. Et appréciera également l’habileté avec laquelle la série réécrit le déroulement des Croisades, imaginant par exemple un nouveau visage aux épidémies de peste qui ont ravagé des villages entiers. Les intrigues parallèles, comme le terrible passif entre Guillaume de Sonnac et son frère Gautier, ou l’amour dévorant qu’inspire la belle Clotilde à certains membres de l’ordre, renouvellent constamment l’intérêt de la lecture. L’attention ne se relâchera pas avant le dénouement qui promet déjà son lot de rebondissements pour le troisième tome de la série.

BD : Milan K, Tome 2 : Hurricane

Le jeune russe Micha Khodorov, expatrié aux Etats-Unis sous le pseudo de Milan King, tente de récupérer les fonds d’Hurricane, une société offshore installée aux Caraïbes pour protéger la fortune familiale du président Paline et de ses sbires. Mais l’unique rescapé de la famille Khodorov doit faire face à de nouvelles difficultés. Le gestionnaire des fonds lui apprend que l’entreprise écran a disparu. Visiblement, l’intégralité a été reversée à Broad Corp, une société bien réelle qui appartenait avant à Hurricane. Un certain Vlado Rugovic est à la tête du groupe. Rapidement, Micha, qui s’arrange pour être embauché comme stagiaire, découvre que l’homme est rattaché à la mafia russe. Mettant un cabinet d’avocats sur l’affaire, le jeune homme parvient à confondre le patron illégitime. Mais Rugovic ne semble pas prêt à se laisser trainer devant les tribunaux.

Voilà la suite tant attendue d’un premier tome qui a secoué le monde de la BD francophone. Une fois de plus, le tome 2 de Milan K excelle dans l’art de rendre crédible une pure fiction. La société offshore aux Caraïbes, les liens de proximité entre le gouvernement russe et la mafia, l’autisme de la justice tant que le jeune héritier ne pose pas l’argent sur la table… On vibre au rythme des mésaventures de l’attachant Micha, sosie adolescent de Largo Winch entré violemment dans l’âge adulte. De victime du pouvoir russe, il devient dans Hurricane un machiavel revanchard. Seul regret, cette suite est encore plus courte que son prédécesseur. Mais c’est peut-être aussi à cela que l’on reconnaît les histoires de qualité. Une chose est en tout cas déjà acquise : la poudre va encore parler dans le tome 3 de Milan K !

BD : Jeremiah T 30 Fifty-Fifty

Trouver des diamants planqués dans une cité quasiment engloutie, pourquoi pas. Plonger au milieu des alligators pour trouver des indices, passe encore. Mais, se retrouver avec une bande d’affreux aux trousses, prêts à tout pour un magot que Kurdy devait en principe être le seul à connaître, cela commence à faire beaucoup. Et, Jeremiah n’est pas vraiment d’humeur à badiner…Jeremiah et Kurdy sont partis à la chasse au diamant. C’est Billy qui leur a donné le tuyau pour faire fifty-fifty. Mais, les choses ne se déroulent pas comme prévu ! Le scénariste et dessinateur Hermann Huppen nous livre une fois encore une histoire qui sent le souffre. L’auteur a commencé sa série en 1977 et poursuit sur sa lancée avec Jeremiah et Kurdy, les héros les plus libertaires et désinvoltes de la bande dessinée. Le tout dans un monde détruit par la guerre nucléaire, où violence, inégalités et injustices sont le lot courant. Nomades, indépendants et à l’occasion redresseurs de tort. Ils manient l’humour comme leurs poings, de manière plutôt percutante. Les dialogues ciselés sont percutants. Le dénouement est surprenant. Le scénario ne manque pas de rebondissements et de coups de théâtre. L’idée d’une chasse aux diamants ne manque pas de piquant. Et, Hermann fait prendre deux fois un bain à Kurdy qui déteste l’eau. Après la couleur directe, l’auteur revient à l’encrage avec un découpage soigné et des décors apocalyptiques. Il justifie sa réputation de grand maître de la BD.

 

Chasse au trésor à hauts risques, pour une poignée de diamants. A lire d’urgence !

 

BD : 20 ans de guerre

Mai 1940. Après la Drôle de guerre, les troupes allemandes foncent vers Paris. Dans les Ardennes, quelques troupes tentent de retarder l’inévitable. C’est au centre de cette conflagration que quatre destinées vont se nouer par delà les barrières raciales et la couleur des uniformes. Abdel, jeune soldat algérien, Roger, son camarade français, et Franz, leur adversaire allemand, font la connaissance de Jacqueline, une jeune fille presqu’encore une enfant.

 

Pendant vingt ans, vingt longues années de conflits des forêts françaises à celles de l’Empire en passant par divers camps de prisonniers, leurs vies vont se croiser, s’entrelacer les brinqueballant des rizières indochinoises au sable des dunes algériennes. Côte à côte ou face à face, les trois hommes resteront attachés à la jeune femme, leur ancre dans les jours sombres. Un drame humain où les personnages, qui ne sont pas des héros, sont broyés par la marche de l’histoire. Sobre et beau.

 

BD : Les portes de Shamballah, tome 3 : Les Illuminati

1929, en Chine, sur le Fleuve Jaune. Malcolm Mackenzie, ancien agent de l\’Intelligence  Service continue de raconter sa vie prodigieuse à Erwan Frioul, un jeune archéologue français. Et les prodiges, ce n’est pas ce qui manque dans la vie de Mackenzie. Alors qu’il est muté aux Etats-Unis (en 1915), son contact est Aleister Crowley un membre influent de plusieurs organisations occultes. Mackenzie va aussi entrer en relation avec une journaliste dont le père, membre d’une de ces sociétés, est en possession d’un très ancien crâne de cristal qu’Aïfass, une entité étrangère à notre monde veut récupérer pour ouvrir une porte entre les univers…

 

Avec des thèmes mêlant aventure, ésotérisme et personnages réels nous évoluons dans un univers qui évoque tout à la fois Indiana Jones et les X-Files. Une série sans temps mort, brillamment emmenée par des auteurs passionnés et talentueux et bien servie par un dessin réaliste et agréable. Si l’on n’est pas obligé d’adhérer aux thèses présentées, c’est malgré tout un excellent moment de détente.