BD : Eternels T5 La cire qui chante

Un avion détourné par un mystérieux pirate s’écrase dans le Grand Nord Canadien. A son bord une mallette de diamants et un seul survivant, un petit garçon. A Anvers, De Boers charge deux Eternels (service secret des diamantaires), Uma et Jaï, de retrouver les gemmes et d’établir un accord avec des tribus indiennes pour l’exploitation d’un incroyable gisement diamantifère. Partis seuls dans la neige, les Eternels sont victimes d’un guet-apens. Vont-ils s’en sortir ? Vont-ils trouver la cire qui chante (une expression que De Boers a lancée au début de l’enquête) ? Voilà quatre ans qu’on attendait le retour des Eternels. Et, on est loin d’être déçus. Le scénariste Yann nous propose une histoire palpitante aux multiples rebondissements. L’intrigue part dans toutes les directions pour arriver là où le récit a commencé. Vol de diamants, enfants disparus, tribus hostiles, rien ne manque pour concocter un cocktail explosif qui est le premier volet d’un diptyque. Par conséquent, on ne saura que dans le deuxième tome ce qu’est la cire qui chante. Yann s’amuse à faire parler les canadiens dans leur langue d’origine et c’est plaisant. Le dessinateur Felix Meynet nous revient en grande forme. Ses personnages féminins ont des corps et des visages superbes, lorgnant du côté pin-up. Sa maîtrise graphique lui permet aussi de réaliser des décors splendides et des scènes d’action à couper le souffle.

Un récit mené tambour battant dont on attend la conclusion avec impatience…

BD : Freak Angels T1

Il y a 23 ans, en Angleterre, douze enfants naquirent exactement au même moment. Il y a 6 ans, ce fut la fin du monde. Mais, il y eut des survivants. Les douze devinrent les Freak Angels et se chargèrent de protéger une petite communauté au sein de Londres. KK déborde d’amour pour n’importe qui. Ce que lui reproche Connor aux prises avec Alice qui veut le buter… Ce qui fait la particularité de cette BD, c’est d’être un comics prépublié sur le net. Le scénariste Warren Ellis a fait des comics son terrain de prédilection. Il livre ici une passionnante histoire située dans un futur après l’apocalypse. Un futur où règnent des humains aux pouvoirs psychiques. Récit de science-fiction aux allures fantastiques, Freak Angels, prévu en 5 tomes, accroche le lecteur grâce à des dialogues denses, à une excellente traduction et une atmosphère de mystère. Ce premier volet dégage, à dessein, une certaine lenteur car Ellis a voulu d’abord présenter les personnages. Cette mise en place nécessaire débouche sur un dénouement inattendu. Une surprise qui ne manquera pas de provoquer l’adhésion du lecteur. Le dessinateur Paul Duffield présente un découpage avec des planches de trois ou quatre cases se rapprochant ainsi du manga. Ce qui facilite la lecture. Les couleurs ajoutent un caractère de fin du monde à cette superbe aventure.

Une mise en bouche qu’on aimerait voir se prolonger…

BD : Le tueur T8 L\’ordre naturel des choses

En échange de l\’immunité pour ses actes passés, le tueur est chargé par les cubains de nouveaux contrats. Puis, son pote Mariano lui dévoile la clé de l\’énigme: les cubains ont découvert un gigantesque gisement de pétrole dans leurs eaux territoriales mais ils n\’ont pas les moyens de l\’exploiter. Pour éviter la mainmise américaine, ils ont passés un accord avec le Venezuela… Le tueur fait partie de la campagne d’assassinats ciblés contre la junte militaire, afin de provoquer le retour du président élu. Une croisade pour une juste cause, bien peu dans sa nature. Son regard sur le monde a-t-il changé parce qu’il est père ou plus simplement amoureux ? Cette fois, Matz dévoile les enjeux de cet imbroglio politico-financier: le pétrole cubain et son exploitation. La formidable possibilité pour les cubains de créer un régime totalement indépendant. A la lecture de l’album, on s’imagine le cycle terminé, mais la fin laisse croire le contraire. Attention à ne pas réaliser l’épisode de trop. En donnant au tueur un physique banal et ordinaire, Luc Jacamon n’a pas versé dans la facilité mais il a rendu possible une identification au personnage. Par ailleurs, son trait expressif et ses cadrages cinématographiques lui permettent de rendre à merveille les moments de tension et les scènes d’action.

 

Un thriller complexe qui fait monter l’adrénaline quand le tueur, en pleine évolution, entre en piste…

BD : Moi Dragon T1 La fin de la genèse

Vallée de Ferona en l’an 1280. Des forains se précipitent pour atteindre le château de Rosentall. Valka, la femme de Kamil, est en effet enceinte et voudrait y accoucher. Au loin, le volcan Ferona abrite un dragon qui ne demande qu’à se réveiller. Un autre visiteur arrive lui aussi: Rob, prince de Norfolken. Il a été recruté pour diriger l’armée du Roi et tombe immédiatement amoureux de sa fille, la belle Silvia… Moi, Dragon représente une véritable curiosité dans le paysage de la BD. Juan Gimenez, le dessinateur de La caste des Méta-Barons, s’aventure seul dans l’heroic-fantasy. Ceux qui sont habitués à ses superbes illustrations dans le domaine de la science-fiction seront dépaysés. Mais, la complexité de l’histoire narrée par Gimenez n’est pas sans rappeler les scénarios fouillés d’Alejandro Jodorowsky, son scénariste de La caste. L’auteur imagine une sombre affaire de famille pour justifier d’extraordinaires séquences de bataille. Mais, avec la vengeance de Valka, il va beaucoup plus loin puisque cette dernière semble jouir de pouvoirs paranormaux. En mise en bouche, il crée l’énigme du dragon dont on se doute qu’il aura un rôle important dans la suite.  Graphiquement, toutes les scènes sont particulièrement soignées avec des cadrages originaux et un découpage cinématographique. Tandis que les personnages, bien différenciés, dégagent magnétisme et fascination.

Le début d’une saga pleine de bruit et de fureur dont on attend impatiemment la suite…

 

BD : Seuls T5 Au coeur du Maelström

Cinq enfants se réveillent un matin dans une ville où les adultes ont mystérieusement disparus. Dodji, Leïla, Camille, Yvan et Terry. Le groupe essaie de survivre dans un univers hostile. Le corps de Dodji, qui a été assassiné, est retrouvé par Anton. Les enfants lui font des funérailles. Yvan décide qu’on va élire un nouveau chef. C’est Leïla qui est choisie. Elle se propose d’emmener le groupe dans la zone rouge délimitée par les cairns rouges. Alexandre et Sélène ont des projets malveillants envers les survivants… Au départ, en 2006, le scénariste Fabien Vehlmann ciblait un public d\’enfants, mais bien vite, son histoire a passionné aussi les adultes. L\’intrigue repose sur l\’idée d\’un univers où il n\’y a plus que des enfants. Le lecteur est donc impatient de savoir ce qui s\’est passé, mais Vehlmann, en conteur avisé, n\’était pas pressé de fournir une réponse. Ici, il l\’apporte enfin tout en proposant de nouvelles énigmes pour un nouveau cycle. Mais, le plus fort, c’est quand il fournit des explications sur le grand mystère de la disparition des adultes. Le graphisme parfaitement maîtrisé de Bruno Gazzotti atteint des sommets. Avec beaucoup de sensibilité, il réussit à transmettre les émotions des personnages. Et, il excelle dans les scènes d\’action.

Un thriller fantastique époustouflant qui secoue même les plus endurcis. Une réussite totale !