BD : Charlot T28 Navigateur Solitaire

Il s’agit du vingt-huitième  tome de la collection.  Le texte est de Montaubert et le dessin de Mat. L’album est sorti en 1957.

L’histoire centrale est divisée en deux parties.  Charlot s’inscrit à une course de navigateur et il va pour concourir, construire son propre bateau.   La course sera le fil conducteur de l’histoire.

Ce qui donnera  l’intrigue sera la poursuite de la police d’un espion qui a réussi à voler pour une puissance étrangère les plans d’une fusée.  La police apprend que l’espion s\’est inscrit à la course de bateau afin d’avoir une couverture pour prendre la fuite et remettre discrètement le plan à ses complices.  Bien entendu le premier suspect de l’inspecteur chargé de l’enquête va être Charlot.

Montaubert n’a pas eu à chercher bien loin pour trouver son inspiration, il n’avait qu’à suivre l’actualité. C’est en effet en 1957, que les Russes vont mettre en orbite le premier satellite spatial :  Spoutnik.

On retrouve aussi, en planche 3, une certaine forme de misogyne, apprécié à l’époque, le danger des femmes aux volants des voitures. Même si l’anecdote est légère, elle exprime bien la pensée des hommes de l’époque. En fin de l’histoire on retrouve aussi la fainéantise des habitants des îles. Sans tomber dans du racisme, c’est encore une fausse idée reçue qui se retrouve en image dans un album destiné a priori à la jeunesse. 

1957 est aussi une belle année pour Charlie Chaplin, car il est à nouveau papa d’une fille : Oona.

BD : Mon année T1 Printemps

Reims. De nos jours. Capucine a un ami imaginaire, son Douroudoudou, à qui elle confie ses pensées secrètes. Par ailleurs, elle sent quand les gens sont heureux ou malheureux. Elle semble mener une vie normale. Mais voilà, Capucine est trisomique  et la directrice de son école signifie à ses parents qu\’elle devra être placée dans un institut spécialisé. Son père est bouleversé car il espérait que sa fille pourrait surmonter partiellement son handicap. Jean-David Morvan a toujours été fasciné par la culture japonaise et le dessinateur Jirô Taniguchi lui a fait part de sa passion pour la BD européenne. Taniguchi avait envie de réaliser un album racontant la vie d\’une famille française. Aussi, Morvan a t-il imaginé l\’histoire touchante d\’une petite fille trisomique sur quatre saisons. Il aborde ainsi un thème inexistant en BD et extrêmement sensible. Morvan a voulu montrer les réactions et les sentiments d\’une enfant handicapée et de ses parents aimants. Ici, le père accepte très mal l\’infirmité de sa fille. Beaucoup plus pragmatique, la mère se rend compte que l\’épanouissement de Capucine est gravement compromis. Entre les deux, la petite fille se révèle grâce à un don. Morvan parvient à toucher le lecteur grâce à des personnages très attachants. Taniguchi offre ici, en couleurs directes, un dessin limpide de toute beauté qui exprime particulièrement bien les transports des personnages et leurs difficultés de vie.

Un album, au thème délicat, traité avec une grande finesse.

BD : Boule et Bill T 32 Mon meilleur ami

Pendant que Boule et Pouf, son copain, jouent à être Indiana Jones, Bill mange le sandwich de Pouf… De son côté, pour ne pas hiberner, Caroline, la tortue, se dope au café ! Bill vole des bouquets de fleurs pour les offrir à son boucher afin d’être dans ses bonnes grâces… Boule se remémore les bons moments passés avec Bill. Ils étaient toujours ensemble s\’aidant l\’un l\’autre. Toujours ? Non. Bill n\’a jamais aidé Boule à faire ses devoirs ! Mais Bill proclame qu\’il n\’est pas un chien savant, mais un chien marrant ! Boule et Bill fêtent cette année leur cinquantième anniversaire ! On peut parler d\’un fabuleux parcours avec le succès toujours au rendez-vous. En 2003, Roba confie Boule et Bill à Laurent Verron. Pour cet album, Verron s\’est fait aider par deux scénaristes, Pierre Veys et Cric. Même si le résultat n\’atteindra jamais l’humour de Roba, les repreneurs font beaucoup mieux que bien. Pour preuve, les gags sont désopilants. Verron et ses compères savent pratiquer l’art de la bonne chute. La plupart des gags sont drôles, savoureux, hilarants et d’un comique débridé. Mais, comme le faisait Roba, il y a aussi des moments poétiques et tendres. Verron épouse à merveille le graphisme et le style de Roba. Les personnages restent adorables et bien croqués.

Mon meilleur ami, c’est  Bill, le chien marrant qui vole la vedette à Boule et qu’on aimerait bien avoir chez soi. Ses frasques feront s’esclaffer petits et grands…

BD : La femme accident Seconde Partie

Charleroi. De nos jours. Julie est en prison préventive, jugée pour un meurtre qu\’elle n\’a pas commis. Elle tient le coup grâce à son fils, Mathias, et se remémore sa vie au cours du procès. Théo, le garçon qu\’elle n\’a jamais cessé d\’aimer. Son avortement. Sa vie comme Escort girl. Son retour auprès de Théo qui se droguait. La disparition de ce dernier. Sa décision de garder Mathias et de l’élever seule. Et, c\’est alors qu\’elle a été accusée d\’avoir tué Théo. A la lumière des témoignages accablants, que va décider le jury ? Denis Lapière fait ici le portrait d’une femme fragile. Une femme mal aimée qui a besoin de se sentir exister. Malgré des blessures à jamais ouvertes et un terrifiant sentiment de solitude. Sa relation avec l’unique amour de sa vie a été destructrice. Mais, en décidant de garder son enfant, Mathias, elle a fait un pari sur l’avenir. Malgré la banalité de l’histoire de Julie, Lapière nous touche. L’intrigue devient poignante et pathétique à travers de longs flash-back et dans le cadre d’un procès où elle est mise à nu. Olivier Grenson souhaitait dessiner un roman psychologique ayant pour cadre Charleroi, sa ville natale. Avec son trait fluide, réaliste et précis, il sublime Julie en montrant sa beauté extérieure et intérieure.

Drame social, roman noir, intrigue policière et récit introspectif font de cet album une tranche de vie bouleversante…

BD : Lucha Libre – tome 12 : Travail équitable pour tous !

Ce douzième épisode signe la fin (sic) des aventures des vieux Tikitis sur leur île faussement paradisiaque. Après une dose d’adrénaline capable de tuer n’importe quel sexagénaire émotif il est finalement temps pour nos catcheurs rouillés de retrouver une retraite bien méritée. Sur les trois bandes fondatrices de Lucha Libre, il ne reste donc plus que le fidèle Tequila dont les ennuis semblent heureusement loin de s’arrêter. Alors que les Tikitis renvoient dans leurs cordes des ennemis tous droits sortis de la mythologie grecque, le plus mexicain

des catcheurs refait les douze travaux (ou tortures) d’Hercule. Pour rappel, celui-ci est toujours à la poursuite des ravisseurs de sa femme Cheryl dans la maudite « Bottleneck City ». Manque de pot, la populace en a après le mojo du pauvre Tequila. Après sa capture les habitants de la ville « embouteillage » lui réservent une surprise de poids : « Maman », la seule femme du coin qui semble plutôt favorable à l’arrivée d’un nouveau papa…

Voilà un titre et une couverture d’actualité à l’approche des fêtes (qui fabrique nos jouets et dans quelles conditions ?) qui ne reflète en rien le contenu du comics. Mis à part peut être pour la cruauté d’esprit du Professeur Furia, qui ne cesse de croitre au fil des épisodes. Cette fois il dépasse le stade du blasphème en réalisant que la religion, en plus d’apaiser les foules, peut se transformer en véritable business.

Avec la disparition des mastodontes de Lucha Libre (les Tikitis, Luchadores Five…) il faut mettre le paquet pour assurer la descendance de la série. Surtout que les derniers venus (le Loup garou de Solvang, une séquelle mi-polar, mi-fantastique et Les Luchadoritos) n’ont pas autant d’explosivité que leurs prédécesseurs. Prions pour que la plume pensante de la série remette un peu de tabasco dans son guacamole !