BD : Blake et Mortimer T19 La malédiction des trente deniers Première partie

Péloponnèse. Un berger fait une découverte archéologique sans précédent dans une crypte: les manuscrits de Nicodemus et un coffre contenant un des trente deniers que Judas avait reçu pour sa trahison. Cette trouvaille va intéresser Mortimer invité  en Grèce par le docteur Markopoulos qui attribue un pouvoir maléfique au denier trouvé. Mais, le richissime homme d’affaire Beloukian compte sur la valeur spirituelle de ces pièces pour devenir le maître du monde. Pour l’aider dans cette quête, il organise l’évasion d’Olrik. Afin d\’élucider le mystère des trente deniers, tous les protagonistes se lancent à la recherche du tombeau de Judas. Huit ans après L’étrange rendez-vous, Jean Van Hamme signe à nouveau un scénario riche en rebondissements d’une aventure des héros d’Edgar P. Jacobs. Il a choisi un thème propre à enflammer les imaginations: Judas et ses deniers. On est forcé de constater dans ce scénario de parfaites adéquations avec l’esprit jacobsien. La Malédiction des trente deniers est chargé d’émotions puisque son dessinateur, René Sterne est décédé en 2006 alors qu’il n’était qu’à la moitié de l’album. Avec sa ligne claire, il avait parfaitement épousé le style de Jacobs. Sa compagne, Chantal De Spiegeleer, a voulu terminer l’album. Elle est parvenue à trouver le même esprit graphique et la même précision.

Un thriller ésotérique moderne qui ravira les fans de Jacobs et séduira les autres…

BD : Brouillard au pont de Bihac

Gabriel Germain, un nouveau venu dans la BD, réalise ici une adaptation de deux nouvelles de Jean-Hugues Oppel qui ont en commun la noirceur et l’immoralité. Brouillard au pont de Bihac  met en scène de nombreux personnages qui vont tous se retrouver à la fin. Un épilogue par ailleurs inattendu. Bihac en Bosnie. Le conflit bat son plein entre les serbes et les bosniaques. Les civils trinquent. Un sniper blesse un gosse pour attirer ses parents. Deux employés de banque attendent le brouillard pour s’enfuir dans un camion maquillé en ambulance et rempli de lingots d’or volés. Un char de l’O.N.U. bourré de soldats insouciants se dirige vers la banque… Au passage, Oppel nous gratifie d’une réflexion sur la guerre et les victimes innocentes dont le sort se décide ailleurs. 58 minutes pour mourir raconte avec cynisme la préparation d’un attentat terroriste dans un aéroport la veille de Noël. On comprend vite qu’un ours en peluche va jouer le premier rôle et, bien qu’un suspense s’installe lentement, la chute est trop prévisible. Adapter des nouvelles n\’est pas donné à tout le monde. Certains, comme Loustal, y réussissent parfaitement. Ici, on a l’impression qu’il s’agit d’un pur exercice de style et rien d’autre. Heureusement, le traitement graphique irréprochable, en noir et blanc, sauve un peu les deux récits du naufrage.

On attend Gabriel Germain dans une oeuvre plus personnelle…

BD : La Nouvelle bande des Pieds Nickelés, tome 1 : Pas si mal logés !

Renouant avec leurs vieilles habitudes, les Pieds Nickelés, sortant de prison, se retrouvent dans un bistro. Mais trouver un toit pour la nuit n’est pas chose aisée. Après avoir transformé une laverie en hôtel, ils vont \ »prendre en mains\ » l’hôtel Eden, propriété de marchands de sommeil. La sémillante Arianne Donzelle, égérie d’une association pour le droit au logement va les propulser face au maire de Paris…

Le célèbre trio de malfrats est enfin reconstitué ! Le graphisme, mis au goût du jour, est plus proche du trait de Forton que de celui de Pellos. Gouailleurs et toujours aussi peu enclins à exercer un boulot  salarié, les Pieds Nickelés, vus par Trap et Oiry, restent dans la ligne définie par Louis Forton. On note avec plaisir que les thèmes d’actualités demeurent une source d’inspiration pour leurs aventures. Difficulté de se loger, marchands de sommeil, disparition des petits commerces, politiciens démagogues et people en mal de célébrité constituent le fond de cet album dont le gros défaut est de n’avoir que 32 pages.