BD : Tragical Cosmik Tour

L’information est incroyable mais vrai : Cosmik Roger est le descendant d’Elvis, le grand Elvis, chanteur de son état, mort de façon lamentable après avoir trop abusé de gel de cacahouète. Quand Roger l’apprend, il réalise que son destin est de reprendre la carrière de son ancêtre et de sortir de l’oubli le nom d’Elvis pour le remettre à l’ordre du jour dans toutes les galaxies. Pour corser l’affaire, il va se mettre en quête des descendants des autres membres du groupe original. Cependant un grand danger menace Roger et sa bande : une secte vénère depuis toujours le cerveau d’Elvis maintenu miraculeusement en vie, et son but est de faire en sorte que leur « dieu » puisse se réincarner, en l’occurrence dans le corps de notre héros.

Cette sixième salve de Cosmik Roger est plus que jamais portée sur le rock, avec toutes les aventures et déboires qui accompagnent classiquement la tournée de groupes mythiques. L’histoire est curieusement assez criante de vérité, et verse dans un humour cynique qui ne frise cependant jamais la méchanceté. Pour les amateurs de la

série, le plaisir de lecture reste intact. Pour les autres, difficile de rester insensible au travail des auteurs Julien CDN et Mo CDM qui semblent toujours s’amuser comme des enfants. Et c’est tant mieux !

BD : Le bois des vierges T1 La hache

BD: Bêtes et hommes vivent un moment historique. Aube épouse Loup-De-Feu. Les deux espèces scellent ainsi un pacte pour en finir avec la guerre incessante qu’ils se livrent. Mais, c’est sans compter avec la haine de Salviat, le frère d’Aube. Il poignarde Loup-De-Feu puis prend la fuite avec sa soeur poursuivi par des loups enragés. Il succombe bientôt tandis qu’Aube trouve refuge dans le Bois des Vierges. Une fois le pacte violé, la guerre entre humains et bêtes se rallume. Dieu seul sait quel en sera l’issue et quel sort sera réservé à Aube, la jeune vierge… Jean Dufaux n’en finit pas de nous surprendre. Il se propose cette fois de nous raconter un conte. Dans ce but, il puise directement son inspiration dans les contes de notre enfance. Et c’est ce qui rend son récit original. Les caractères des personnages sont particulièrement soignés. Et quand Dufaux applique des sentiments humains aux animaux, l’effet est d’autant plus saisissant qu’il est conjugué au trait superbe de Béatrice Tillier. Par ailleurs, les réactions des protagonistes renvoient à la part d’animalité qui existe en chacun de nous. En montrant l’impossibilité de régler les conflits autrement que par la violence, Dufaux fait la satire de notre société. Tillier réalise ici une véritable prouesse graphique. C’est en virtuose qu’elle dessine les émotions des personnages, les costumes, les décors et les scènes de bataille.

Un petit bijou qu’on ne se lasse pas de lire et de relire en attendant impatiemment la suite…

Chats Noirs, Chiens Blancs T1 Réminiscences parisiennes

Gilla, une jeune femme italienne, ne supporte plus la vie insipide qu\’elle mène. Ses amis ne l\’intéressent plus. Elle ne trouve même plus goût à ses études de médecine. Sur un coup de tête, elle décide de partir à Paris pour suivre des cours de photographie. Pour tromper son mal-être, Gilla se balade dans Paris et croit reconnaître Samuel Beckett, l\’écrivain décédé. Peu après, elle voit Roberto, son ancien petit ami défunt.  Puis, elle rencontre ses grands-parents morts eux-aussi. Enfin, elle fait la connaissance de la princesse de Lamballe, décédée elle aussi. Pourquoi tous ces fantômes viennent-ils perturber sa vie ? Vanna Vinci fait ici un portrait léché d\’une jeune femme en quête d’identité. L\’album se lit comme un journal intime truffé de références littéraires, musicales et historiques. Vinci construit un univers fascinant autour de son héroïne. Dans ce parcours initiatique, elle introduit des éléments fantastiques qui suscitent la curiosité. Gilla vit une expérience hors du commun avec le retour de défunts qu’elle affectionne. Mais, le mystère vient de cette femme d’un autre siècle qui va donner un sens à sa vie. Vinci promène son trait sensible et expressif dans les rues de Paris et croque une galerie de personnages hauts en couleurs. Grâce à un découpage original, on entre dans l’intimité des personnages qui débordent souvent des cases.

On attend impatiemment de savoir comment Vinci va expliquer les phénomènes paranormaux du premier épisode.

BD : Inversion T1

Lille. De nos jours. L’écrivain Jhen Zalko partage sa vie avec Lola. Une nuit, tout bascule pendant son sommeil. Il se réveille dans un royaume peuplé de personnages habillés de façon chatoyante. On lui donne le titre de prince. Un seigneur lui fait savoir que sa fille refuse de l’épouser. Il s’endort et, au réveil, se retrouve à notre époque. Là, un autre Jhen a pris sa place et a commencé à détruire sa vie. Pour survivre, il va devoir affronter son double d’un autre monde… On connaît le talent de scénariste de Makyo. On s’attend donc de sa part à un récit hors du commun. Pari réussi avec Inversion qui reprend ses thèmes de prédilection: un royaume imaginaire et un héros torturé. Si l’amnésie de Jhen fait penser à XIII, elle correspond ici à des problèmes de perception du réel. Jhen semble avoir une double personnalité. La maîtrise de ses actes lui échappe. Makyo explore ici les recoins les plus sombres de la personnalité qui nous obligent à affronter nos rêves et nos cauchemars. Avec son trait réaliste et sensible, Jerry Hulard fait preuve d’une imagination fertile et débordante pour concevoir un monde parallèle avec sa propre architecture, sa faune, sa flore et ses habitants. Il paraît également à l’aise dans les scènes d’action. A dessein, les couleurs d’Irène Häfliger varient d’un monde à l’autre et provoquent un effet saisissant.

Le premier volet de ce thriller fantastique nous promet une histoire dans la même veine que les succès précédents de Makyo…

BD : Alix, tome 28, La Cité engloutie

BD : César a conquis toute la Gaule… Toute la Gaule ? Non ! Un village d\’irréductible Gaulois résiste encore à l’envahisseur. Alors que César s’apprête à envahir l’Angleterre, l’Armorique résiste et des légions disparaissent mystérieusement. C’est autour de ses dieux et de ses druides que la résistance celte s’organise pour détruire les armées romaines. Alix, le Gaulois au service de Rome, saura-t-il ramener ses frères de sang vers la paix. 

Alix explore les mondes de l’Antiquité depuis 1948, Jacques Martin, son père, frappé de cécité a du se résigner à déléguer ses crayons. La tâche est lourde pour les héritiers désignés. Le scénario, cosigné par Jacques Martin, reste digne d’intérêt, mais il aurait pu montrer davantage les tiraillements d’un Alix déchiré entre ses deux patries, ses deux cultures. En ce qui concerne le dessin, le graphisme est agréable. Mais Ferry fait du Ferry, pas du Martin. De ce côté, les fans risquent de ne pas y trouver tout leur bonheur.