BD : Les Aventures de Buck Danny – Tome 52 : Porté Disparu

Le cheveux blond, l’accroche-cœur de rigueur, une belle gueule franche et carré, voilà notre pilote préféré de retour dans des aventures teintées d’actualité. Pour ce cinquante-deuxième volume, Buck Danny doit mener l’enquête pour retrouver la trace d’un pilote de la CIA disparu en Afghanistan. Notre héros, flanqué de ses fidèles compagnons Sonny, Jerry et Cindy, opère sous couverture d’une mission humanitaire. Il devra allier prudence et témérité pour démanteler une bande de contrebandiers farouches.

Il y a longtemps maintenant que Buck Danny illumine les esprits des jeunes aventuriers de l’air. Pour ce onzième album, Bergèse, en amateur d’aviation, nous enchante encore avec des dessins d’une grande précision et un vocabulaire technique que sa formation de pilote lui a conféré. Mais la vie de scénariste est difficile et il faut déployer des trésors d’imagination pour trouver un emploi à la mesure d’un si grand pilote de chasse quand son pays n’est en conflit ouvert contre personne. Le scénario s’en ressent. En 2007, Francis Bergèse a annoncé que, pour lui, l’aventure touchait à sa fin. Aucune information n\’a été dévoilée sur d\’éventuels repreneurs. En bref, un titre pour aficionados.

BD: Sergent Mastock T2

La section Z est envoyée sur une île du Pacifique afin de délivrer des soldats qui sont retenus prisonniers dans un camp par l\’armée japonaise. Ils parviennent à réaliser leur mission sans heurts, mais ils ont droit à une drôle de surprise une fois le camp délivré. Contre toute attente, les prisonniers n\’étaient pas torturés et ne subissaient aucune privation, bien au contraire car ils avaient libre accès à un bar et une piscine. Un vrai Club Med. A peine remis de leurs émotions ils sont faits à leur tour prisonnier par une troupe de japonais fraichement débarquée sur l’île. L\’infirmière qui avait à charge la santé des prisonniers va alors leur faire une étonnante évélation : les bons traitements sont la récompense pour avoir servi de cobaye aux Japonais et avoir contribué à une découverte scientifique révolutionnaire, le gène de la malchance. Il n’aura fallu que peu de temps à l’armée pour développer un gaz porteur de malchance. Les troupes américaines n’ont qu’à bien se tenir… La section Z décide de s’évader non pas pour prendre

la fuite mais pour contrecarrer les plans démoniaques des japs.

Il s\’agit du deuxième tome d\’une série suffisamment comique pour permettre au lecteur de passer un bon moment. Décidément nous nageons en plein cliché d’une société qui a bien du mal à se sortir de la guerre. Malgré le ton ironique, Sergent Mastoc s’approche tout de même dangereusement des limites du supportable. Cela passe tout juste pour un album de 48 pages et on est finalement soulagé que le scénariste Bétaucourt n’ait pas eu l’énergie de pondre un volume de 100 pages, tant l’humour pèse parfois lourd sur l’estomac. Heureusement le dessin de Hennebaut vient enlever le tout, rajoutant un petit quelque chose qui sauve cette seconde salve du naufrage.

BD : Damocles T2 La rançon impossible

La particularité de l\’agence Damoclès ? Elle assure une garde rapprochée à ses clients. Cela va du simple accompagnement pour les clients lambda à des « gros » clients, pour lesquels il faut sortir l’artillerie lourde. On peut dire que Saïd El-Ahmad, fils d’un milliardaire qui est la cible régulière de menaces terroristes, entre clairement dans la deuxième catégorie. L’agence Damoclès ne faillit pas à sa réputation et sauve son client d’une première tentative d’enlèvement. Mais le répit ne

sera que de courte durée et les body-garde vont vite comprendre que les ennemis de leur client ne sont pas des amateurs. La procédure « Black Hole » est alors enclenchée, début d’une véritable chasse à l’homme à travers le monde et qui s’achèvera sur une fin œdipienne.

Le scénario ne montre aucune faille et ce malgré l’enchainement de scènes d’action dignes d’un véritable blockbuster. Ni les personnages ni le lecteur n’aura le temps de reprendre son souffle, jusqu’à un dénouement qui vaut vraiment le détour. Je ne vous dévoilerais la fin que sous la torture. Vous devrez mettre vous-même les mains dans le cambouis pour essayer de vous dépêtrez de cette aventure haletante. On le savait déjà, mais Callède persiste et signe : nous n’avons pas en face de nous un débutant. Il semble avoir trouvé avec Henriet au dessin

la combinaison parfaite. La pellicule a beau avoir ses charmes pour apprécier un blockbuster, cette suite de Damoclès nous démontre que l’on peut tout aussi bien vibrer devant une série de bulles format A4.

Croyez-en la couverture, il est impossible de deviner la fin de rançon impossible.

BD : Le petit Roi

L\’auteur du petit Roi est Otto Soglow, qui débuta sa carrière de dessinateur en 1925. C\’est en 1930 qu\’il créa le personnage du petit homme moustachu mais ce n\’est qu’à partir de 1934 que la série commença à être sérieusement diffusée. Le petit Roi est un personnage peu conventionnel dont les réactions inattendues choquent tout le beau monde : les courtisans, les grands officiers, mais aussi les ambassadeurs et les nobles dames qui l\’entourent.

Sous la forme de strip ou de page complète, on suit les divagations d\’un Roi sans le sous, qui aime les femmes et les honneurs et qui va parfois rendre visite à son peuple en se faisant passer pour un marchand de glace ou un plombier afin de mieux l’observer. En couleurs comme en noir

et blanc, c\’est simple et drôle et cela démontre qu\’avec peu de dessins et beaucoup de talent on peut réussir à faire rire. L\’éditeur Pierre Horay à réalisé un bon travail de reclassement et de choix des strip. C\’est un ouvrage rare à garder précieusement pour montrer aux générations futures d\’auteurs et de lecteurs de quel bois on se chauffait à l’époque.

BD : Chute de vélo

Pendant leurs vacances, Jeanne et Clément sont venus restaurer, afin de la vendre, la maison d’Irène, la mère de Jeanne. Simon, son frère, est parti la chercher. Toussaint, un ami, s’est déplacé pour aider. Dans la rue, les enfants du couple observent un maçon et son apprenti qui se disputent. Effondré par la perte de l\’unique photo de sa femme décédée, le maçon vient raconter à Clément que son apprenti l’a caché. Autre drame: Irène disparaît. Toussaint la retrouve par hasard. Et, il rencontre l’apprenti. Pour savoir où est la photo, il lui confie un terrible secret en rapport avec un accident de vélo…  Les éditions Dupuis ont eu la riche idée de rééditer «Chute de vélo» d\’Etienne Davodeau. Dans cette chronique douce d’une famille ordinaire, il raconte les petits drames quotidiens et les grands moments de joie. Grâce à une fine observation de la réalité, il dresse des portraits attachants et met en place des moments d’intense émotion. Comme celui où Jeanne retrouve son second frère. Dans ces tranches de vie marquées par des chutes de vélo, Davodeau fait passer beaucoup de sentiment et de sensibilité. Il laisse une fin ouverte. Graphiquement, le trait reste simple, juste, sobre et dynamique. Parfois un peu caricatural. Et les couleurs orangées et douces illustrent bien l\’été…

Un pur moment de plaisir à partager avec ceux qui aiment la vie et les petits bonheurs…